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Marguerite Duras

La douleur

[Théâtre du Lucernaire - 2008]

Notation : 2.5

Artistes : Arlette Téphany
Metteur en scène : Julien Téphany

1945. Marguerite Duras a 31 ans et ne veut pas croire à la mort de son mari, Robert Antelme, déporté depuis deux ans dans un camp de concentration. François Mitterrand (alias Morland), qui s'occupe du retour des prisonniers, identifie enfin Robert à Dachau, dans un état critique. "C'est une question d'heures", prévient-il. Le sauvetage de l'auteur de L'espèce Humaine est organisé. S'ensuit le récit enfiévré de la résurrection d'un homme et l'agonie d'un Amour. Bien, vu que tout le monde connaît Duras, inutile de s'étendre sur cette personne, qui, aux dires de Pierre Desproges, n'a pas écrit que de la merde, mais en a également filmé. Passons donc aux autres entités qui composent cette mise en spectacle d'un des textes les plus intenses de l'immédiat après guerre.
Depuis sa sortie du Conservatoire national d'art dramatique en 1957, Arlette Téphany a mis en scène une cinquantaine de pièces, et interprété entre autres Marianne, Lady Macbeth, Cléopâtre, Jocaste ou Lioubov… L'actrice dirige également la Cie ATPM Théâtre, avec laquelle elle a créé La Douleur de Marguerite Duras et Les Combustibles d'Amélie Nothomb. Le metteur en scène quand à lui, (Julien Téphany, Cie 9 et demi) a débuté comme assistant pour Arlette Téphany et Pierre Meyrand, et monte ses propres spectacles parmi lesquels Grand'peur et misère du IIIème Reich (Brecht).
Pourtant (est-ce bien le connecteur logique qui convient ?) l'alchimie ne se réalise pas. Il est vrai que l'isolation de la salle du Théâtre du Lucernaire était des plus déplorables (on entendait le film projeté dans la salle voisine) et ne devait pas faciliter la tâche de la comédienne. Cependant, on ne put s'empêcher de constater un certain empressement chez cette dernière, comme une volonté d'en finir avec le texte, par moment d'avantage récité qu'interprété. Décevant, d'autant que la pertinence de la prose de Duras se révèle d'avantage dans les moments d'introspection et autres soliloques angoissés alors qu'ici, seuls ressortaient du flot des descriptions de paysages. Autre ombre au tableau : le plan de feu, en désaccord avec le minimalisme affiché sur scène (un banc pour seul accessoire).
Sans doute à revoir dans d'autres circonstances. Heureusement, le Théâtre du Lucernaire dispose d'un bar restaurant des plus cosy, qui rabibochera sans difficulté les convaincus et les sceptiques.

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Marguerite Duras - La douleur

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