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Née le 5 avril 1875 à Enghien-les-Bains, dans une famille de petits artisans, Jeanne Bourgeois (de son vrai nom) est fascinée par le spectacle et l'univers mondain.
Elle arrête ses études et suit le revuiste Saint Martin jusqu'à Paris. C'est sur ce trajet Enghien-Paris, qu'il lui trouvera son pseudo en lui chantant à l'oreille « Oh la vertinguette, oh la vertingué, oh la vertinguette, c'est la Miss Elyette, c'est la Miss Tinguette ! ».

Elle jouera pour la première fois en 1893.
Elle s'entraîne dans les cafés-concerts de Paris et de Province : Trianon concert, Alcazar d'été, Deauville, Folies Bergères de Rouen, Eldorado de Lyon, la Cygale, les Ambassadeurs, la Gaîté de Rochechouart (où elle se fait virer par la directrice après avoir fait griller du hareng sur un bec de gaz en coulisses pour se venger). Puis vint sa révélation !

C'est en 1909, que Mistinguett devient connue avec la revue « la Valse Chaloupée » où elle danse aux côtés du célèbre Max Dearly, au Moulin Rouge. Repris en 1912 sous le nom de « Valse Renversante », elle danse, rencontre et devient la compagne de Maurice Chevalier. Amoureuse et plus âgée, Mistinguett prend en main la carrière de Maurice et lui apprend les rudiments du métier.

En 1917, elle squatte la Casino de Paris et créé la revue « Pa-ri-ki-ri », puis « laissez-les passer ». Elle mène « Paris qui jazz » en 1920 pour lequel Albert Willemetz et Maurice Yvain lui écrivent « j'en ai marre », « la java », « en douce »… Ce sont d'ailleurs les mêmes qui lui écriront, en 1920, son célèbre tube « mon Homme », racontant la séparation avec l'unique homme de sa vie : Maurice Chevalier.

Elle joue également dans des films. Elle tiens le rôle d'Eponine dans « les Misérables » d'Albert Capelloni (1912) et fait la vedette dans 2 épisodes de « Mistinguett détective » (1917). Elle est partout, autant sur les planches, qu'au cinéma, que dans les soirées mondaines en vue à Paris.

Pourtant directrice artistique de Moulin Rouge de 1925 à 1929, Mistinguett ne quitte jamais l'affiche pour bien longtemps (d'ailleurs les affiches de Gesmar contribuent à sa légende). Avec les tournées (aux Amériques en 1924 et en 1936) et les différentes revues, Mistinguett fait partie des principaux représentants français du Music Hall avec Maurice Chevalier et sa concurrente directe : Joséphine Baker.

Pour elle, l'essentiel est la scène (elle n'a jamais utilisé de micro). Elle incarne l'image type de la Parisienne, et est surnommée « la môme de Paris », « la gosse des Faubourgs ». Sa voix nasillarde, son sens de la répartie, sa présence scénique, sa façon de jouer avec les spectateurs, sa spontanéité, son énergie et ses gambettes ravissent le public. Des gambettes légendaires, à la fois outil de scène et image de marque qui, dès les années 1920, sont assurées à la compagnie Lloyd pour 500.000 francs : un enjeu qui contraint la compagnie à dépêcher un inspecteur à chaque spectacle de Mistinguett.

En 1949, elle se produit sur scène pour participer à sa dernière revue « Paris s'amuse » : elle a 75 ans et danse le be-bop. Cette revue restera 9 mois à l'affiche de l'ABC. Mais Mistinguett s'arrêtera en 1951 : le repos est forcé par une première crise cardiaque. Elle s'éteindra le 5 janvier 1956 à Bougival. Mistinguett repose aujourd'hui au cimetière d'Enghien-les-Bains.

À l'occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, sa ville natale lui rend hommage jusqu'au 2 décembre 2006. Intitulée « Planète Mistinguett », la manifestation retrace le parcours de Mistinguett à travers une collection de documents sonores et visuels, d'objets divers et de costumes de scène, ainsi que des concerts et des projections.

[Anne A.]

Mistinguett - Exposition

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