Papercuts, le webzine qui tranche
Le jeu de Paume propose actuellement la première rétrospective mondialedu photographe protéiforme Edward Steichen (1879-1973), rassemblantprès de 450 clichés d'époque de cette figure historique de l'art du XX°siècle, injustement méconnue du grand public. Thématique et chronologiese conjuguent sur deux étages, retraçant l'évolution des avant-gardesartistiques à travers celle du plus français des photographesaméricains.
L'exposition s'ouvre sur les clichés issus de la périodepictorialiste de l'artiste, période du début du XXe siècle lorsque lesphotographes cherchaient à faire entrer leur discipline dans le mondedes beaux-arts. Ces images au charme suranné où se sent l'influence desimpressionnistes constituent la partie la plus intéressante de larétrospective. D'emblée, le jeune Edward Steichen, alors âgé de 16 ans,se distingue par ses compositions très structurées, ses ambiancesélaborées, son travail sur la matière, et la poésie très parnassiennede ses chiaroscuri. Il photographie Rodin, celui pour qui il traversal'Atlantique, Anatole France, Strauss, Matisse, mais aussi des paysagesnocturnes, des fêtes dans les jardins de l'Orangerie, des rochestitanesques du bois de Boulogne, dignes d'une toile de Moreau…
Sous l'influence de la guerre, étant responsable de laphotographie aérienne, ses photos se parent d'un modernisme assumé,hérité de la précision maniaque des exigences militaires. Les clichésse géométrisent, se contrastent, se radicalisent, a l'instar dudiscours de l'artiste. Steichen prône alors la photographie pure etexpérimente cette nouvelle vision en photographiant des fleurs, desfruits, des objets, des paysages urbains. Le tournant est brutal,majeur pour la photographie, et malheureusement trop peu représenté parcette rétrospective.
S'ensuit une longue et ennuyeuse période pendant laquelle Steichenassoit sa popularité auprès du public, friand de ses photos people(Vanity Fair) et de ses photos de mode (Vogue). Les portraits deMarlène Dietrich, Greta Garbo, Fred Astaire et moult autres starlettesdont le septième art à oublié jusqu'au nom sont ainsi exposés platementau regard du visiteur, fatigué par autant de redondance. Steichen, sansy perdre entièrement son âme, perdra tout de même la considération deses pairs, qui lui reprochèrent cet opportunisme commercial.
Devenu en 1947 directeur du département de la photographie du Museum ofmodern art de New York, il présentera en 1953 l'exposition « The familyof man » rassemblant 273 photographes. Aujourd'hui inscrite à l'Unesco,dans la section « mémoire », cette exposition fut la plus coûteusequ'ait jamais produite le MOMA, et attira 9 millions de personnes. Sielle fut le couronnement de la carrière de l'artiste, la façon dontl'évènement est rendu ici laisse à désirer et assène le coup fatal : «non, décidément, j'aurais mieux fait de m'arrêter au premier étage ».Seuls quelques clichés à tendance journalistique de la seconde guerremondiale montrant des scènes de vie de matelots, apportent une pointede fraîcheur (c'est un comble) à cette fin d'exposition qui peine àmaintenir l'attention éveillée.
L'exposition s'ouvre sur les clichés issus de la périodepictorialiste de l'artiste, période du début du XXe siècle lorsque lesphotographes cherchaient à faire entrer leur discipline dans le mondedes beaux-arts. Ces images au charme suranné où se sent l'influence desimpressionnistes constituent la partie la plus intéressante de larétrospective. D'emblée, le jeune Edward Steichen, alors âgé de 16 ans,se distingue par ses compositions très structurées, ses ambiancesélaborées, son travail sur la matière, et la poésie très parnassiennede ses chiaroscuri. Il photographie Rodin, celui pour qui il traversal'Atlantique, Anatole France, Strauss, Matisse, mais aussi des paysagesnocturnes, des fêtes dans les jardins de l'Orangerie, des rochestitanesques du bois de Boulogne, dignes d'une toile de Moreau…
Sous l'influence de la guerre, étant responsable de laphotographie aérienne, ses photos se parent d'un modernisme assumé,hérité de la précision maniaque des exigences militaires. Les clichésse géométrisent, se contrastent, se radicalisent, a l'instar dudiscours de l'artiste. Steichen prône alors la photographie pure etexpérimente cette nouvelle vision en photographiant des fleurs, desfruits, des objets, des paysages urbains. Le tournant est brutal,majeur pour la photographie, et malheureusement trop peu représenté parcette rétrospective.
S'ensuit une longue et ennuyeuse période pendant laquelle Steichenassoit sa popularité auprès du public, friand de ses photos people(Vanity Fair) et de ses photos de mode (Vogue). Les portraits deMarlène Dietrich, Greta Garbo, Fred Astaire et moult autres starlettesdont le septième art à oublié jusqu'au nom sont ainsi exposés platementau regard du visiteur, fatigué par autant de redondance. Steichen, sansy perdre entièrement son âme, perdra tout de même la considération deses pairs, qui lui reprochèrent cet opportunisme commercial.
Devenu en 1947 directeur du département de la photographie du Museum ofmodern art de New York, il présentera en 1953 l'exposition « The familyof man » rassemblant 273 photographes. Aujourd'hui inscrite à l'Unesco,dans la section « mémoire », cette exposition fut la plus coûteusequ'ait jamais produite le MOMA, et attira 9 millions de personnes. Sielle fut le couronnement de la carrière de l'artiste, la façon dontl'évènement est rendu ici laisse à désirer et assène le coup fatal : «non, décidément, j'aurais mieux fait de m'arrêter au premier étage ».Seuls quelques clichés à tendance journalistique de la seconde guerremondiale montrant des scènes de vie de matelots, apportent une pointede fraîcheur (c'est un comble) à cette fin d'exposition qui peine àmaintenir l'attention éveillée.
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