Papercuts, le webzine qui tranche
Au Théâtre du Lucernaire jusqu'au 21 mars 2009.
Ex-Voto ? Qu'est ce qu'un Ex-Voto ? Il convient de s'en informer, non pas pour briller en société à la sortie du spectacle, mais simplement pour chatouiller notre matière grise et réveiller nos neurones se complaisant trop souvent dans l'oisiveté. Nous consultons notre Petit Larousse Illustré, notre Robert ou notre Wikipedia pour ne vexer personne, et nous découvrons qu'un Ex-voto est une offrande à Dieu en échange d'une grâce. Et bien nous ne sommes pas Dieu, pourtant, c'est une magnifique offrande qui nous est offerte avec cette pièce présentée actuellement au Théâtre du Lucernaire à Paris.Ex-voto est une pièce de Xavier Durringer mise en scène par Christophe Luthringer. Ce spectacle est fait pour les rêveurs, pour les amoureux de liberté et les passionnés de rock.
La pièce commence avec Killing in the name, morceau culte des Rage Against the Machine. Les lumières se font ensuite sur Gus et Léa, deux personnages atypiques, enfants du rock, fan d'un groupe nommé Johnny Bad Mood dont le chanteur est Jeff Bailey. Ils sont assis, parlent et se taquinent. Ces deux là se sont rencontrés à la fin d'un concert, il y a trois ans. Ils aiment la musique, ils la « kiffent » en fait. Lors de leur rencontre, Léa ne sait pas trop où aller, elle vit « au petit bonheur la chance », elle a juste avec elle un sac rouge dans lequel elle a toute sa vie. Gus lui propose d'abord de faire un tour en voiture pour aller droit devant, sans réfléchir, juste profiter l'un de l'autre. Ils prennent la route et commence alors une aventure poétique, une histoire d'amour et de liberté...
Les personnages de Léa et Gus incarnés par Sandrine Molaro et Gilles-Vincent Kapps sont assez représentatifs de la jeunesse actuelle : un peu vagabonds, amoureux de musique et de liberté, préférant faire des petits boulots pour profiter de la vie, aller en festival et faire le tour du monde plutôt que de s'emprisonner dans une carrière professionnelle. Ils n'en restent pas moins profondément sensibles. Les rôles sont taillés sur mesure ; Gilles Vincent Kapps est tout simplement remarquable et Sandrine Molaro par son naturel déconcertant apporte une sympathique fraîcheur à la pièce. Ils sont en parfaite osmose et nous font vibrer du début à la fin grâce à leurs yeux pétillants et à leurs larmes ruisselantes. La mise en scène de Christophe Luthringer est judicieuse car il n'y a, pour ainsi dire, pas de décor ou très peu, pourtant, il réussit à faire vivre cette histoire d'une main de maître. Il dirige les acteurs de façon brillante ce qui n'est pas chose aisée avec un duo. Mention particulière pour la musique et les sons, très importants ici. Le morceau Moonchild des King Crimson extrait de l'emblématique album In the Court of the Crimson King est une pure merveille, parfaitement utilisé.
Il faut courir voir cette pièce au Lucernaire, salle du paradis…. Jamais une salle n'aura aussi bien porté son nom !
[Julie]









